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HOMOPHOBIE ET PORNOGRAPHIE EN MILIEU SCOLAIRE

Notre association lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l'Education nationale. Elle a été saisie du cas d'un enseignant du Vaucluse suite au signalement de contenu à caractère sexuel et homophobe sur un espace de cours transmis aux élèves. Nous avons eu accès à l'ensemble de ce contenu.

La transmission s'est faite via un logiciel interne au collège. Il s'agissait d'un espace pédagogique créé spécifiquement pour les classes musique du collège, indiquant les projets de l'année, les programmes pour chaque classe, des photos d'élèves sur scène, .... Dans cet espace de cours deux onglets en rouge renvoyaient vers deux sites différents. L'un contenait du contenu à caractère sexuel, l'autre site une machine à insulter.

Nous avons exploré la machine à insulter : elle produit à la chaine des insultes violentes et invitant à la haine notamment envers les personnes homosexuelles. Concernant le contenu à caractère sexuel, une fenêtre s'ouvrait indiquant aux élèves qu'ils s'apprêtent à accéder à un "contenu pornographique". Une mention indique que le webmaster ne pourra être poursuivi si un mineur accède au contenu.

Chaque page des trois sites comprend par ailleurs un copyright avec le nom du professeur.

Nous avons par ailleurs été destinataires d'un signalement parvenu au Ministère concernant ce professeur qui avait déjà créé un site élèves dans son ancien collège à Mazan, avec ce même contenu. En l'absence de mesures conservatoires la diffusion a ainsi pu continuer au collège de Vaison via Pronote la semaine dernière.

Une pétition est publiée pour demander un accompagnement des familles et élèves, des mesures conservatoires envers ce professeur et l'ouverture d'une enquête administrative. Le Procureur est dores et déjà saisi.

https://c.org/rfTqJqZW97

Information : le Rectorat vient de suspendre l'enseignant à titre conservatoire. L'association restera cependant mobilisée sur ce dossier dans l'attente des résultats de l'enquête et attentive à la situation des élèves et familles qui doivent pouvoir être accompagnés par l'Education nationale face au contenu auquel les élèves ont eu accès.

UNE MARCHE EN LA MEMOIRE de CAROLINE GRANDJEAN

En cette veille de rentrée nos pensées vont vers Caroline Grandjean dont le suicide l'an passé nous avait ému.e.s.

Directrice d'école victime d'atteintes lesbophobes elle avait mis fin à ses jours dans un contexte de manque de soutien hiérarchique reconnu par l'enquête administrative menée postérieurement à son décès.

Aujourd'hui sa veuve, Christine Grandjean-Paccoud, continue de se battre et espère des avancées de la justice.

Elle organise une marche en la mémoire de Caroline samedi 29 août à Aurillac, place des droits de l'Homme à 10h15.

Soyez nombreuses et nombreux à rejoindre cette marche.

LES PRIORITES MINISTERIELLES

Hier le ministre de l'Education nationale Édouard Geffray présentait la circulaire de rentrée 2026 et déclarait « Notre institution ne peut prétendre prendre soin des élèves si elle ne prend pas soin de ses personnels. Vous êtes en droit d’obtenir sa protection, son efficacité et son soutien. »

Au moment où des personnels se voient refuser la protection fonctionnelle (ou accordée et non mise en oeuvre), cette annonce sonne difficilement pour toutes ces victimes de violences, harcèlement, discrimination qui nous contactent en grande détresse. Les associations de terrain depuis des années alertent dans un silence assourdissant.

Ces alertes envoyées par notre association et documentées quant aux défaillances dans la protection des victimes restent lettre morte alors que ces défaillances mettent les victimes en danger pour leur santé et leur vie. Certes, le Ministère intervient quand nous l'appelons lorsqu'une victime est en détresse suicidaire : il oriente les services de secours vers son domicile, renvoie vers le Rectorat de son académie mais ça s'arrête là. Combien de victimes déplacées, radiées, mises en retraite pour invalidité ou tout simplement ignorées ?

Reste la voie de la justice, longue, coûteuse.

Et comment ne pas avoir peur de témoigner ? Plusieurs lanceuses d'alerte étaient présents à notre rencontre nationale et témoignent des répercussions familiales, financières, psychologiques et professionnelles auxquelles elles doivent faire face suite à leur alerte.

Monsieur le Ministre, il faut agir, en concertation avec les associations de terrain qui portent la voix de milliers de victimes, pour préserver la santé, la vie et la sécurité au travail de celles-ci et plus loin de tous les enseignant.e.s et personnels de l'Education nationale.

UNE RENCONTRE CONSTRUCTIVE

Un riche moment d'émotions, de partage et de construction collective lors de la rencontre nationale "BRISONS LE SILENCE".

Face à la souffrance au travail dans la fonction publique, des associations et collectifs se constituent pour lutter contre les violences, les discriminations et le suicide dans la fonction publique.

Derrière chaque association et collectif, ce sont des milliers de victimes, des démarches et procédures en nombre et des bénévoles qui écoutent, accompagnent et agissent. De cet engagement au contact des victimes naissent des compétences, un savoir-faire, des outils, des stratégies.

Partager ces savoirs et savoir-faire, faire un état des lieux de la réalité du terrain ensemble, réfléchir à des stratégies d'action commune, c'est ce que nous espérions construire en réunissant durant un week-end de travail des représentant.e.s des associations nationales et collectifs, mais aussi des lanceuses d'alerte et des victimes.

Un pari réussi, des moments de partage précieux où chacun a appris des uns et des autres, l'échange de ressources et un projet commun d'action, inter fonctions publiques avec lequel nous espérons faire contrepoids ensemble.

Un immense merci à Maître Christelle MAZZA qui nous a accompagné.e.s et éclairé.e.s dans notre réflexion. Quel engagement et quelle humanité !

Parce que nous avons durant ce week-end partagé des moments intenses dans ce groupe de travail nous sommes confiants quant à sa pérennité et sa capacité à agir ensemble dans la durée.

Merci à Daniel Kupferstein, producteur du film "souffrance au travail : on lâche rien" pour ce partage qui nous a beaucoup ému.e.s.

Merci à celles et ceux qui ont fait le déplacement : l'association ANTHEN, l'association Rassemblement contre le harcèlement et les discriminations dans la fonction publique (RCHDFP), le collectif Plus jamais ça tous ensemble pour Jean Willot ! , le collectif Personnels de l'Education nationale victimes de maltraitances, ainsi qu'à toutes les participantes et lanceuses d'alerte dont nous ne citerons pas le nom pour les protéger.

HARCELEMENT ET SUICIDE DES AGENTS : brisons le silence.

Rencontre nationale le 7 et 8 février 2026

En 2019, alors que les anciens dirigeants de France Telecom devaient répondre de leurs actes en justice, nous participions à l'assemblée-débats-témoignages organisée par ASD pro : « Fonction publique : halte à la maltraitance et au déni. Sortons de l’isolement. Les victimes ont la parole. »

Où en est-on aujourd'hui ? Les témoignages reçus par notre association interrogent les dispositifs de protection de la santé et sécurité au travail existants dans l'Education nationale.

D'autres associations spécialisées dans le handicap, l'accompagnement des victimes dans l'Education nationale et la fonction publique font le même constat.

Aussi, le 7 et 8 février prochain, nous organisons une rencontre nationale.

Cette action réunira cinq associations nationales, des collectifs, des victimes, témoins, lanceurs d'alerte, ...

Table-ronde, conférence, diffusion du film 'Souffrance au travail : on lâche rien" et débats ponctueront le week-end. Nous unirons nos voix pour organiser un temps fort d’échanges, de témoignages et de construction collective, accompagné.e.s par Maitre Christelle Mazza.

Buffet froid offert le samedi midi aux participants inscrits. Merci de signaler rapidement tout désistement.

Le 6 novembre les enseignant.e.s étaient appelé.e.s à organiser des actions avec leurs élèves dans le cadre de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire.

PHARE : un programme d'Actions pour lutter contre le harcèlement et l'intimidation à l'école.

Et si on orientait maintenant nos PHARES vers les agents et personnels de l'Education nationale ? L'éclairage est suffisant pour voir les registres et les plateformes de signalements, le dispositif de protection fonctionnelle, ...

A l'aune des appels que nous recevons, nous interrogeons : le déplacement des victimes, le refus d'imputabilité au service des atteintes, l'inversion de la victimisation, les pressions, la difficulté d'accéder à son dossier administratif, à des postes à profil, les refus de protection fonctionnelle...

Dans ces conditions qui continuerait à révéler qu'elle ou il est victime ?

Harcèlement, le silence du déni

Le suicide, un sujet tabou.

Plus de 10 000 voix appelant à rendre visible l'invisible ! Parce que le suicide est un sujet qui reste tabou, nous vous appelions à signer ce manifeste. Merci à ceux qui ont relayé et signé. Espérons maintenant qu'il contribuera à lever le voile sur le suicide et acter la fin d'un silence.

Un nouveau drame

Elle s'appelait Caroline. Broyée par une situation d'atteintes lesbophobes, elle n'a pas trouvé le soutien de l'Institution et s'est donnée la mort. Nous avons mal ce soir et nous pensons à ses proches. Nous alertions Madame le Ministre et plusieurs députés en fin d'année scolaire sur notre inquiétude face aux nombreuses failles observées sur le terrain dans la protection des victimes de harcèlement et au danger qu'encourent les victimes pour leur santé et leur vie. 

Nous allons poursuivre notre mobilisation en organisant le 7 et 8 février prochain une journée nationale dans laquelle les victimes auront la parole, en partenariat avec plusieurs associations, professionnel.les, et personnes mobilisées sur la problématique du harcèlement et du suicide dans l'EN. Il est nécessaire de nous rassembler pour agir ensemble, rendre lisibles les failles et être forces de propositions et d'actions à mener. En cette rentrée, prenez soin de vous.

L'association alerte Mme la Ministre

L'association interpelle les députés

Fiches de danger grave et imminent qui n'arrivent pas jusqu'aux registres départementaux, protocoles d'alerte suicide non mis en oeuvre, refus d'imputabilité de tentatives de suicide sur le lieu de travail, situations de harcèlement qui s'étendent sur une décennie malgré plusieurs dizaines de signalements, recommandations du Défenseur des droits non mises en oeuvre, des victimes interpellent le Ministère, en vain. L'association alerte. La situation est grave et met la vie des agents en péril.

Suite à notre courrier aux députés, nous avons reçu un retour le 26/06/2025. Mme Tiphaine Lemoine, collaboratrice parlementaire de Mme Viollette Spillebout, nous indique : "Nous partageons votre préoccupation face à la gravité des situations évoquées. Malheureusement, le droit de tirage de notre groupe parlementaire a déjà été utilisé cette année, et nous ne pourrons pas déposer une nouvelle commission d’enquête à ce stade. Votre courrier sera toutefois conservé et pris en compte dans nos travaux."

Un nouveau guide pour accompagner les victimes

L'association propose un guide qui a le double objectif d'informer sur la violence au travail et de recenser les leviers mobilisables pour faire cesser celle-ci.

Le guide, en recensant les obstacles auxquels des victimes se sont trouvées confrontées dans leurs démarches, permet d'anticiper ceux-ci et de pouvoir les dépasser.

Enfin, il illustre son propos par un exemple concret de harcèlement  à grande échelle dans l'Education nationale, comprenant des documents, décisions et jugements rendus pour plusieurs des victimes, à plusieurs années d'intervalle. Cela permet de mieux se représenter les démarches qu'il est possible d'engager, individuellement ou collectivement, ce que l'on peut en attendre et les textes de lois sur lesquels s'appuyer.

Vous voulez obtenir ce guide, envoyez-nous un mail.